Les riches coûtent « un pognon de dingue » (article Peuple quotidien)

La sociologue Monique Pinçon- Charlot et le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, ont évoqué sur le stand confédéral le pillage de l’État par les riches.

Suppression de l’ISF, reconduction du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), baisse de l’impôt sur les sociétés, création de la flat tax… les cadeaux fiscaux offerts par Emmanuel Macron aux plus riches s’élèvent à des milliards d’euros. Ce sont bien les riches qui coûtent « un pognon de dingue » à l’État.« Avec Emmanuel Macron, on est passé à une dimension qui n’a plus rien à voir avec Nicolas Sarkozy et son bouclier fiscal d’un million d’eu- ros. Là, ce sont 50 milliards d’euros donnés sans condition aux plus riches », rappelle Monique Pinçon-Charlot, qui vient de publier avec Michel Pinçon Le Président des ultras-riches. La sociologue dresse en filigrane le portrait d’un pouvoir au service de la bourgeoisie.

« Une classe de prédateurs »

Pour rappel, l’Assemblée nationale est constituée de 0,2 % d’ouvriers alors qu’ils représentent 20 % de la société, tandis que les cadres et les professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des députés, contre 18% de la population active.

Sur 32 ministres et secrétaires d’État, 15 sont millionnaires. La ministre du Travail Muriel Pénicaud détient le patrimoine le plus élevé avec notamment 5,9 millions d’euros de valeurs immobilières.« Avec ce pouvoir-là, l’État est pillé “par tous les bouts” par la classe oligarchique. Il faut rappeler que Muriel Pénicaud a fait en une journée 1,7 million de plus-value grâce à la montée des actions de Danone, alors qu’elle venait d’annoncer un plan social.

Ce pouvoir défend les intérêts de l’oligarchie », témoigne Monique Pinçon-Charlot. Orchestré par Emmanuel Macron, ce pillage s’élève à des milliards d’euros, au détriment de l’État :« Pour la première fois, les revenus du capital vont être imposés à un plafond inférieur aux revenus des salariés. Ils ont raconté que la flat tax, c’était un forfait à 30 %. C’est faux, c’est une imposition à 12,8 %. C’est dire la vigilance qu’il faut avoir pour lutter contre une classe de prédateurs. Ce ne sont plus des riches, ce sont des criminels. Ce n’est pas seulement de la délinquance en col blanc. C’est criminel de par les conséquences que ça a pour nous tous. »

Après trente ans d’enquête sociologique auprès des dynasties au pouvoir, la sociologue a posé un constat sans concession sur le nouveau visage du capitalisme et ses conséquences pour la démocratie et la planète. « On a vu le capitalisme passer d’un capitalisme paternaliste et national à un capitalisme prédateur et mondialisé. Le dérèglement climatique est très important à prendre en compte, car c’est la synthèse de cette réalité. » Les cadeaux faits aux plus riches se font en parallèle de la casse des services publics. « Aujourd’hui, il n’y a plus de secteur public. Emmanuel Macron essaie de manipuler les “gilets jaunes” en supprimant l’ENA. Mais supprimer l’ENA, c’est son job, c’est ce que lui demande l’oligarchie, car l’ENA forme quand même de petits contre-pouvoirs au sein de l’appareil d’État. Or l’oligarchie veut que l’État soit libre pour que le renard entre dans le poulailler », estime Monique Pinçon-Charlot.

Chaque cadeau fait aux riches se traduit par la casse des droits sociaux : suppression de 120 000 emplois aidés avec la suppression d’un milliard d’euros, la baisse des APL à hauteur de 1,7 milliard d’euros, la ponction de la CSG.« Avec ce livre, on apprend qu’avec les 50 milliards de CICE, on pourrait éradiquer la pauvreté », explique Philippe Martinez. « La première bataille est idéologique : il faut casser l’idée qu’on doit se partager la misère, pendant qu’eux se goinfrent. Il faut un minimum d’éducation politique et économique, pour mobiliser et répondre à l’idée qu’il n’y pas d’argent. Il faut savoir où chercher l’argent. Quand des soignants, parce qu’ils aiment leur métier, doivent aller jusqu’à acheter dans le supermarché d’en face du matériel pour travailler, ça montre qu’il faut éduquer et sensibiliser. »

D’où ce slogan cher aux militants : de l’argent, il y en a, dans les poches du patronat.

Réponse à l’énième tract de la CFDT

                                                                                              Montreuil, le 9 mai 2019 REPONSE À L’ENIEME TRACT DE LA CFDT Vous avez sans doute pu prendre connaissance de l’énième « torchon » de la CFDT qui, comme à chaque veille d’élections professionnelles ne manque pas de se lancer … Continuer la lecture

FISCALITE CGT

En 2019, pour refonder la démocratie :

Reconstruisons notre système

fiscal et notre sécurité sociale

Redécouvrir le sens de l’impôt, des cotisations sociales, et donc de la redistribution, au travers de la lutte pour la justice fiscale et sociale ! Voilà une perspective saine pour notre démocratie !

Selon l’OCDE, la France est la championne du monde des prélèvements obligatoires. De quoi parle-t-on ? Les prélèvements obligatoires intègrent impôts, taxes … et cotisations sociales, qui ne sont ni des impôts ni des taxes mais un élément du salaire. « Salaire socialisé » que les salariés ou leurs enfants toucheront à un moment ou à un autre (assurance maladie, chômage, retraite, allocation familiale, aide au logement …). Ces cotisations financent notre assurance sociale, la sécurité sociale. Dans les pays où elle n’existe pas, il faut s’assurer seul ou payer seul. Les soins médicaux ne sont par exemple pas gratuits dans ces pays. Où chacun est donc              «libre» … de se soigner … ou pas !

· Les cotisations sociales (maladie, retraite…) représentent 6, 3% du PIB aux Etats-Unis, 14, 2% en Allemagne, et 16,8% en France.

Mais alors comment les étatsuniens font-ils ? Ils payent des assurances privées, ce qui au global leur revient plus cher. Les dépenses de santé représentent 18% du PIB aux Etats-Unis et 12% en France. Privatiser le service public c’est plus cher, moins efficace et injuste ! Et les salariés ont moins de droits, de liberté, moins de « sécurité ». Soit dit en passant la logique est la même pour les impôts, si on ne finance plus collectivement les services publics, il faudra les payer directement, individuellement.

Comparer des systèmes fiscaux, des niveaux de prélèvement ne vaut que si l’on compare l’organisation sociale dans le même temps.

Par exemple : il conviendrait de constater que si le niveau des prélèvements obligatoires est plus élevé en France, il permet de financer l’école publique, gratuite et laïque, alors qu’aux États-Unis il conviendra de mettre la main à la poche pour emmener vos enfants à l’école …

· L’impôt sur les revenus, les bénéfices et les gains en capital représente 10,9% du PIB en 2017 en France et …12,2% en Allemagne, et même… 12,4% aux Etats-Unis !

· Et la pression fiscale sur le patrimoine ? en 2017 (dernière année d’existence de l’ISF en France), elle représentait 4,4% du PIB contre… 4,2% aux Etats-Unis !

Le système fiscal en régime capitaliste est fondamentalement injuste parce qu’il exonère le capital et les hauts revenus de toute participation à la solidarité collective. En clair, plus on est riches, moins on paye d’impôts : L’exemple de la TVA est clair, cette taxe est à la base du système fiscal actuel car c’est un impôt « transparent » et surtout à taux fixe. Tout le monde le paye, et au même taux, quel que soit ses revenus.Pour la justice fiscale et sociale, la CGT propose des réformes basées notamment sur :

1. le renforcement du financement de la sécurité sociale par les cotisations et le renforcement du pouvoir des travailleurs sur sa gestion

2. la refonte de notre système fiscal en le centrant sur un impôt sur le revenu simplifié et plus progressif, une baisse du taux normal de la TVA à 15% immédiatement, la réinstauration de l’ISF, une véritable taxe sur les transactions financières.

3. la lutte contre la fraude fiscale (80 milliards d’euros) et l’évasion fiscale (60 milliards d’euros) …