Après Charlie : les rescapés écrivent et dessinent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catherine Meurisse dessinant La Légèreté, Philippe Lançon écrivant Le Lambeau et aujourd’hui Luz signant Indélébiles

Les « rescapés » de l’attentat qui a vidé la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 racontent, chacun selon sa sensibilité et son mode d’expression. Mêlant humour et douleur, Luz tente d’exorciser l’horreur de cette tuerie et de « se souvenir des belles choses ».

Son arrivée à Paris, où il se perd immanquablement avant de rencontrer Cabu – son idole ! – qui est séduit par le trait, la drôlerie et sans doute attendri par la maladresse du jeune dessinateur venu de sa Touraine. Luz nous restitue surtout l’ambiance, à la fois studieuse, amicale et bordélique, de la rédaction de La Grosse Bertha, puis de Charlie, où il apprend son métier et côtoie ceux qu’il admire. Pour cet album, Luz a trempé sa plume dans ses cauchemars les plus noirs.

Mais aussi dans les franches déconnades partagées, notamment avec Charb dont il se sent tout de suite très proche. Il dit son admiration pour les bienveillants Cabu, Gébé ou Tignous, l’émulation entre les dessinateurs, l’échange avec les auteurs et toute l’équipe, les mille petits riens (l’inénarrable épisode de la gomme) de l’atmosphère du journal satirique où règne une grande liberté.

Le lecteur oscille entre éclats de rire et cœur serré. Luz se sait être un survivant, avec tout le poids du traumatisme, mais n’oublie pas, dans ce journal intime dessiné, de nous faire goûter au formidable « temps des copains » qu’il a partagé avec ses confrères. Ce que nulle arme à feu ne pourra jamais lui retirer…

Indélébiles de Luz, éditions Futuropolis, 320 pages, 24 €.

 

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