SUR LES CENDRES DE PSA, L’INDUSTRIE DU FUTUR

NDUSTRIERelancer l’activité industrielle, cet objectif n’est pas qu’un slogan de la campagne actuellement menée par la CGT. En Seine-Saint-Denis, c’est même un projet très abouti porté à bras-le-corps par la CGT 93, l’Urif-CGT, l’Union interfédérale des transports CGT (l’UIT-CGT), les cheminots CGT et la métallurgie CGT.

Sur les cendres de PSA, l’industrie du futur

C’est un projet de revitalisation de l’activité industrielle, mais pas n’importe laquelle: «Nous proposons un projet d’industrie industrialisante, au service de l’emploi, de l’intérêt général et de l’environnement»,précise d’emblée Hervé Ossant, le secrétaire de la CGT de Seine-Saint-Denis. Travaillé en lien avec le collectif confédéral CGT « Relance de l’industrie », ce projet pourrait bientôt trouver matière à se concrétiser, à Aulnay-sous-Bois, sur les friches de l’ancienne usine PSA Peugeot, qui a fermé ses portes en 2013 entraînant la disparition de milliers d’emplois directs et indirects.

 

Ce vaste terrain de 160 hectares présente en effet de nombreux atouts. Situé aux portes de la capitale, à proximité d’un embranchement ferroviaire avec un accès au triage du Bourget, il bénéficie d’un important nœud autoroutier et d’une proximité d’accès aux aéroports de Roissy et du Bourget : «Une situation parfaite pour le développement de la multimodalité et d’activités liées au transport de personnes et de marchandises, ou encore de réponses industrielles aux exigences de la transition écologique et énergétique comme la recherche sur l’hydrogène, les bus électriques, etc. Bref, le lieu idéal pour développer un véritable incubateur public à usines du futur, pourvoyeur d’emplois d’avenir», argumente Dominique Launay, secrétaire de l’Union interfédérale des transports CGT.

 

POUR UNE MAÎTRISE PUBLIQUE TOTALE

Ne reste plus qu’à promouvoir cette belle idée auprès des pouvoirs publics. Et à surmonter quelques obstacles à sa réalisation. Le premier d’entre eux – la maîtrise publique des terrains, propriété de PSA – est en passe d’être levé, l’État s’étant porté acquéreur de 107 hectares via l’établissement public foncier d’Île-de-France. De son côté, la société du Grand Paris (SGP) vient d’acquérir 28,7 hectares en vue d’y installer un centre de maintenance et de remisage du futur Grand Paris Express avec, en perspective, la création de 400 emplois qualifiés à l’horizon 2023. Un bon début, salué par la CGT qui milite en ce sens depuis trois ans auprès des responsables politiques (Région, préfets, maires, députés…). Mais qui n’en demeure pas moins mobilisée afin d’exiger la maîtrise publique totale du site.

 

Deux raisons à cela : protéger les terrains d’opérations de spéculation foncière à l’instar du projet de création d’une zone hybride mêlant logements et bureaux, idée envisagée dès 2014 par le maire d’Aulnay. Ou encore, éviter la cession de parcelles à des entreprises aux activités contradictoires avec les impératifs de création d’emplois d’avenir et de transition écologique. Tel est le cas du projet de « supply chain » (plate-forme logistique) que le groupe Carrefour veut installer moyennant la location, voire l’achat de 15 à 17 hectares de la parcelle acquise par la SGP. «Ce qui veut dire 900 véhicules par jour, à quoi s’ajouteront 460 mouvements de poids lourds de 5 heures à 20 heures, sept jours sur sept, donc beaucoup de pollution pour très peu de création de valeur et d’emplois», prévient Hervé Ossant. Afin d’empêcher ce scénario catastrophe, la CGT a décidé d’amplifier la mobilisation. Et d’alerter la population. Prochaine étape : une manifestation depuis l’hôtel de ville d’Aulnay – pour y interpeller le maire – jusqu’au site de PSA où se tiendra un meeting en présence de Philippe Martinez le 26 avril. L’occasion, pour de nombreux élus des communes du triangle de Gonesse autant concernés par le devenir des terrains de PSA qu’opposés aux choix politiques désastreux – comme le CDG Express ou le pharaonique projet Europacity du groupe Auchan – d’affirmer leurs exigences. Le gel de tous les projets non industriels sur les terrains de PSA, et l’ouverture d’un grand débat public sur leur destination.

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