LE 50EME ANNIVERSAIRE MAI 68, LA PLUS GRANDE GREVE FRANCAISE

AFP

Le cinquantième anniversaire de Mai 68 est l’occasion de rappeler que ce mouvement social a constitué la plus grande grève de l’histoire française, avec pas moins de 7 millions de salariés, des ouvriers très souvent. Début de notre série d’articles.

Ce ne sont pas les images d’usines occupées par les ouvriers qui viennent spontanément à l’esprit lorsqu’on évoque Mai 68. Aujourd’hui encore, chacun visualise plutôt des étudiants sur des barricades au quartier latin à Paris, songe au regard insolent de Daniel Cohn-Bendit toisant un CRS, ou sourit devant les affiches des situationnistes dont images et slogans surréalistes (« Soyez réaliste, demandez l’impossible », « Sous les pavés, la plage ») sont passés à la postérité (1).

Mais le travail des historiens de ces dix dernières années est peut-être en train de faire changer les représentations : Mai 68 est aussi une histoire d’ouvriers. Il y a un demi-siècle a eu lieu, en effet, la plus grande grève de l’histoire française, 1936 inclus. L’historien Antoine Prost estime à 7 millions le nombre de grévistes en 1968. Si l’on rapporte ce chiffre au nombre total de salariés à l’époque -environ 16 millions dont près de 8 millions d’ouvriers- on voit certes que le mouvement a été minoritaire dans la population salariée, mais l’on saisit tout autant son importance hors normes (2).

Le conflit social fera plusieurs morts

La présence, sur tout le territoire national, de grévistes appartenant au public comme au privé a pu être décrite par l’historien Xavier Vigna comme une « insubordination ouvrière ». La grève, de fait, a été marquée par de très nombreuses occupations d’usines, des actions illégales et donc on ne peut plus provocatrices pour un pouvoir politique dont le régime, la Ve République, avait été justement conçu dix ans plus tôt en pleine guerre d’Algérie pour offrir à l’Exécutif les moyens de maintenir l’ordre et de garantir la continuité de l’Etat.

Après l’appel à la grève générale des syndicats le 13 mai pour dénoncer les violences policières, les occupations lancées à Sud Aviation, près de Nantes, le 14 mai, une action soutenue par un millier d’étudiants, puis à Renault Cléon le jour suivant, font office de modèle. Ce type d’actions, doublées parfois de séquestrations de dirigeants, se multiplient dans tout le pays. La France sera bloquée durant un mois, le mouvement se soldant par plusieurs morts (3).

Ceux qui ont connu cette époque n’ont pas oublié son climat très particulier. “J’avais 14 ans. Mon frère était ouvrier dans la métallurgie. Je le vois encore agiter son drapeau rouge ! Les ouvriers s’autorisaient à descendre dans la rue pour dire : « Y’en a marre ! » ” se souvient Alain Blanchart, aujourd’hui retraité CFDT. Comme l’a bien dit l’historienne Michelle Perrot à propos du XIXe siècle, « la grève était un moyen d’entendre ceux qu’on n’entend jamais (..) Quand on travaille, on ne parle pas; avec la grève, les ouvriers sortent des usine (..) il se créait d’un seul coup un espace de parole ».

De la même façon, en 1968, l’occupation constitue une forme de réappropriation de l’espace de travail par les salariés, qui sont très souvent des ouvriers. Dans les usines occupées, nous disent historiens et sociologues, la parole s’échange librement, on circule dans des parties où un ouvrier ne va pas habituellement (les bureaux). Dans les sites occupés, toute une organisation est mise en place (ravitaillement, surveillance, etc). Et l’on n’omet pas de passer le balai, de tenir l’usine propre et en ordre, comme s’il y avait « une fierté de montrer qu’on peut prendre en main l’usine », selon les mots de l’historienne Michelle Zancarini-Fournel (4).

Le CE organise expo, concerts, pièces de théâtre dans l’usine
Certaines usines occupées improvisent des activités culturelles. A Renault Cléon, en Seine-Maritime, le comité d’entreprise organise une expo photo dans le hall de l’usine, il y a des concerts de Claude Vinci et Colette Margny, on présente aux ouvriers des pièces de Brecht et Tchekhov, et des écrivains comme Hervé Bazin ou Gilles Perrault viennent participer à des débats, rapporte Jacky Maussion, un ouvrier de 21 ans à l’époque, syndiqué CGT. A l’imprimerie Néogravure d’Issy-les-Moulineaux, Bernard Boller, un responsable syndical de 26 ans, hérite de la responsabilité d’organiser « divertissement et culture ». Il parvient à faire venir chanter Cora Vaucaire. « Elle avait 50 ans et en paraissait 20 de moins. Lorsqu’elle entonna Le temps des cerises, un frisson parcourut l’assemblée (…) La complicité était évidente. Puis vint la chanson du Québécois Raymond Lévesque, Quand les hommes vivront d’amour « . Au Havre, la Maison de la culture intervient pas moins de 259 fois dans 47 entreprises occupées, ce qui vaudra à son directeur un coup de fil menaçant du ministre de la Culture André Malraux. Par la suite, une pièce de théâtre sera co-écrite avec des comités d’entreprise. Et le propriétaire du château de Valmont, près de Dieppe, mettra même ce lieu à disposition « des personnels des industries du Havre » pour en faire un lieu culturel ! (5)

► Nous consacrerons un article de notre série au Mai 68 havrais.

Un certain décloisonnement social

A cette occasion se produisent aussi des rencontres entre étudiants et ouvriers. Début mai, la répression policière des étudiants parisiens suscite en effet l’indignation syndicale, comme le souligne l’historienne Ludivine Bantigny en citant cette phrase de métallos de la Meuse : « Si tu ne réagis pas, si tu ne protestes pas, camarade ouvrier, demain c’est toi qui recevras les coups » (6). Face aux adversaires communs que sont alors la police et le pouvoir, un « décloisonnement social » entre étudiants et ouvriers a bel et bien lieu. « Les archives de police montrent que, dès les premières journées d’action en mai et jusqu’à l’éteignoir du mouvement fin juin, étudiants et jeunes travailleurs sont engagés ensemble dans les mêmes batailles rangées, les mêmes barricades et les mêmes échauffourées face aux forces de l’ordre », souligne l’historienne (7).

A rebours de ceux qui voient dans mai 1968 l’origine d’un hyper-individualisme contemporain, Ludivine Bantigny défend dans Libération l’idée d’un profond mouvement collectif à l’oeuvre il y a 50 ans. Un mouvement marqué par un brassage de milieux sociaux très différents, la grève étant suivie par des chauffeurs de taxi, des ouvriers, des danseuses de l’Opéra, des lycéens : « L’idée très répandue d’un 68 qui aurait donné naissance au néolibéralisme, à l’individualisme (..) est fausse. Tous ces projets ne conçoivent pas l’émancipation individuelle déconnectée du collectif ».

Il s’agit là d’aspirations profondes au renouvellement de la société. Et elles ne s’accordent pas forcément avec le fonctionnement et les habitudes des appareils syndicaux, d’autant que la base peut être coupée des « centrales » syndicales. A cet égard, le monde syndical a pu être perçu par les étudiants et parfois par les salariés comme un univers assez conservateur. En pleine guerre froide entre l’Ouest et le bloc communiste, le paysage syndical est alors dominé par une CGT très proche du PCF. Une CGT méfiante à l’égard d’étudiants assimilés aux « bourgeois », hostile aux « gauchistes » (8), et sur ses gardes face à une CFDT en pleine ascension (la CFDT est née quatre ans avant 1968 de la division de la CFTC). Mais sans doute est-ce la dynamique de la grève générale, comme l’a observé le philosophe Jacques Rancière, qui a débordé l’instrument de la lutte ouvrière pour devenir la forme générale d’un mouvement politique suspendant partout le jeu normal des relations et des institutions (9).

1968 a été précédée par de nombreux mouvements de grève et de mécontentements

Le déclenchement de la grande grève de 1968 ne survient pas par hasard, comme un fait isolé. La grève, souligne le chercheur Jean-Marie Pernot, s’inscrit dans un terrain revendicatif déjà « labouré » par les syndicats (370 000 journées de grève dans le Nord en 1967, 916 000 en Lorraine, etc. ) et « dans un contexte économique sous-tendu par des difficultés d’existence chroniques dans la classe ouvrière, mais aussi dans le monde des employés » (10).

Les témoignages recueillis pour le livre « Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu » confortent cette analyse, comme l’expérience de ce salarié d’une entreprise métallurgie, membre de l’union locale CGT du Havre : « Mon Mai 1968 commence en 1967. Arrivé dans l’entreprise Tréfileries & Laminoirs du Havre en 1964 après mon CAP d’ajusteur, je suis déjà responsable des jeunes métallos CGT en 1967. Je me rappelle cette nuit du 24 février 1967, le jour de mes 20 ans, où avec quelques camarades (..), nous avons négocié avec les patrons de la métallurgie havraise afin d’obtenir une réduction du temps de travail sans perte de salaire (déjà !). La négociation va durer toute la nuit et se terminera par un échec, le patronat havrais ne veut rien lâcher. Du coup, les luttes vont aller en se développant » (11).

La classe ouvrière est plus mal traitée que les autres groupes sociaux par le pouvoir gaulliste

Un autre exemple rapporté par l’historienne Ludivine Bantigny illustre ce climat social préfigurant mai et juin 1968. En janvier 1968, à Caen, 1 500 ouvriers des usines Saviem, Jager et Sonormel lancent « une grève totale » entre le 23 janvier et le 13 février pour améliorer salaires et des conditions de travail. Et Jean-Marie Pernot de compléter le tableau : « Ces années sont aussi celles où explosent les activités du commerce, les grandes surfaces datent du début des années 1960 (..) Le monde des employés, qui commence à être significatif, se joindra au mouvement de mai 68 avec quelques jours de décalage, puisque les conflits partent du monde industriel et ouvrier » (10).

Si la classe ouvrière participe massivement au mouvement de Mai 68, c’est parce qu’elle continue d’être plus mal traitée que d’autres groupes sociaux par le pouvoir gaulliste

 Exposition des Beaux Arts, Paris

Dans son Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (2), Xavier Vigna juge que le pouvoir gaulliste a, en quelque sorte, nourri un mouvement de protestation ouvrière en l’ignorant et en le réprimant parfois sévèrement, bien plus sévèrement par exemple que les manifestations des agriculteurs, pourtant parfois insurrectionnelles. « La prospérité qui emporte le monde ouvrier des années 1960 coexiste avec une marginalité sociale et politique répétée, écrit-il. La classe ouvrière, sans doute parce qu’elle est réputée succomber aux sirènes communistes, continue d’être plus mal traitée que les autres groupes sociaux par le pouvoir gaulliste. C’est aussi pourquoi elle participe massivement au grand mouvement qui emporte la société française en mai et juin 1968 ».

Ce sont les délégués du personnel qui présentent des cahiers de revendication, parfois rédigés sous la dictée de leurs collègues

Radicalement nouveau, le mouvement ouvrier de Mai 68 s’inscrit néanmoins dans la continuité de 1936. Ce sont les délégués du personnel, dont la création remonte au Front populaire, qui sont les chevilles ouvrières, si l’on peut dire, du mouvement. Cela paraît logique car la section syndicale n’a pas encore été légalisée, mais c’est un élément à souligner cinquante ans plus tard, au moment où les délégués du personnel vont disparaître en tant que tels, fusionnés dans l’instance unique qu’est le CSE. « Élus par leurs camarades, et le plus souvent présentés sur des listes syndicales dans les grandes entreprises, ils ont conquis leur légitimité lors d’affrontements antérieurs de sorte qu’ils incarnent l’antagonisme au monde patronal, écrit Xavier Vigna. Dès lors, il leur appartient tout naturellement de présenter des cahiers de revendications, parfois rédigés sous la dictée de leurs collègues d’ateliers, parfois simplement exhumés ». Ces occupations sont le moyen d’organiser un rapport de forces favorables aux salariés afin d’obtenir, comme en 1936, des concessions du patronat lors de négociations au niveau national ou dans les branches.

Une « monarchie administrative et industrielle »

Les ouvriers dénoncent les cadences effrénées, le chronométrage des tâches, les conditions de travail dangereuses, le temps de travail trop élevé, le manque de moyens criant (« Donnez-nous des douches », « donnez-nous un bleu de travail supplémentaire », rapporte Ludivine Bantigny). Sans oublier des salaires trop faibles : en 1968, 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Ils revendiquent , comme dans ces images de l’INA tournées dans l’Ouest, une meilleure sécurité sociale (l’année précédente des ordonnances ont réformé la sécurité sociale) et « un droit au travail ».

Cela tend au passage à écorner un peu les mythiques « Trente Gorieuses ». Certes, le taux de croissance de la France dans ces années 60 oscille entre 5% à 6,5% par an, de quoi faire rêver le ministre actuel de l’Economie. Mais un début de mécontentement lié à l’émergence du chômage et à la crainte d’absence de débouchés pour une population de plus en plus qualifiée se fait jour, alors que l’ANPE a été créée en 1967 par un certain…Jacques Chirac. Une partie de ces aspirations ont été reprises par la CFDT et la CGT, qui avaient signé dès 1966 un pacte d’unité d’action en sept points (pouvoir d’achat, indemnisation du chômage partiel, sécurité sociale, droits syndicaux, etc.).

Des ouvriers allaient se laver les mains en cachette. Si le chef d’atelier les voyait, il leur faisait porter une pièce salissante, pour les punir

 Exposition des Beaux Arts, Paris

Ces revendications sont à la mesure d’une société de « monarchie administrative et industrielle », pour reprendre les mots de la CFDT d’alors. Une société encore toute étonnée de voir surgir la figure des femmes grévistes (ouvrières ou employées) et celle des travailleurs immigrés. Car les aspirations ne sont pas seulement matérielles. Les grévistes ne veulent plus de la « tyrannie des petits chefs ». Une réalité de la France d’alors, comme le rapporte Frédéric Lucien, militant à la SNCF : « Les chefs d’équipe, leur surnom c’était les cabots. C’était vraiment ça, c’était une hiérarchie très militarisée, un commandement (..) Il y avait des ouvriers qui allaient se laver les mains en cachette. Le chef d’atelier les voyait, il leur faisait porter une pièce pour qu’ils se resalissent les mains, pour les punir. » (12)

Les salariés réclament donc de la considération, une plus grande autonomie dans le travail. « Nous refusons d’accepter, au mépris de notre condition humaine, de notre santé, de nos nerfs, un modernisme avilissant, des horaires et une surveillance ridicule », peut-on lire dans les cahiers de revendication élaborés par les personnels d’Air Inter et d’Air France évoqués par l’historienne Ludivine Bantigny.

 Mai 68 fut la contestation de tous les mandarins qui croyaient détenir leurs pouvoir d’une sorte de droit divin

Et c’est Simone Veil elle-même, dans son autobiographie ‘Une vie » (13), qui dit ceci : « Mai 68 fut très largement la contestation des patrons d’universités, des pontes de la médecine, des chefs d’entreprise, de tous les mandarins qui croyaient détenir leurs pouvoirs d’une sorte de droit divin. Ce mouvement exprima d’abord un vaste besoin de s’affirmer, de prendre la parole, à la Sorbonne, à l’Odéon ou ailleurs. Contrairement à ce que répétaient les ténors de la droite, tout ne se résumait donc pas à des délires gauchistes; une réelle envie de faire bouger les choses se faisait jour au sein de la jeunesse ».

C’est aussi une aspiration des salariés à une participation effective aux décisions de l’entreprise, d’autant que des cadres se rallient au mouvement. Les salariés souhaitent participer eux-mêmes activement à la définition et aux objectifs de leur propre travail, ce qui sera théorisé, par la CFDT et le PSU, sous le nom d’autogestion.

Et si c’était là, dans ces aspirations larges mêlant moyens matériels, dignité et épanouissement individuel, qu’il fallait voir l’origine de la faiblesse mémorielle du mouvement ouvrier de 1968, cette impression peut-être trompeuse qu’il n’en est rien sorti de concret ou à la mesure de ce que réclamaient les grévistes ?

Annie Ernaux : « On voyait et entendait ce qu’on n’avait jamais vu ni entendu »
Dans Les années (Gallimard, 2008), Annie Ernaux consacre plusieurs pages à l’esprit de Mai 68. « Brusquement, le 1936 des récits familiaux devenait réel. On voyait et on entendait ce qu’on n’avait jamais vu ni entendu depuis qu’on était né, ni cru possible. Des lieux dont l’usage obéissait à des règles admises depuis toujours, où n’étaient autorisées à pénétrer que des populations déterminées, universités, usines, théâtres, s’ouvraient à n’importe qui et l’on y faisait tout, sauf ce pour quoi ils avaient été prévus, discuter, manger, dormir, s’aimer (…) Les profs et les élèves, les jeunes et les vieux, les cadres et les ouvriers se parlaient, les hiérarchies et les distances se dissolvaient miraculeusement dans la parole (…) Si c’était la révolution, elle était là, éclatante, dans l’expansion et le relâchement des corps, assis n’importe où ».

Notes

(1) Sur ces dessins et slogans, voir l’exposition aux Beaux-Arts de Paris, « Images en lutte, la culture visuelle de l’extrême gauche (1968-1974) », jusqu’au 20 mai 2018. Les dessins reproduits dans cet article sont à voir dans cette exposition. La BNF de Paris consacre une autre exposition, sur les photos, intitulée « Icônes de Mai 68, les images ont une histoire », du 17 avril au 26 août 2018.

(2) Histoire des ouvriers en France au XXe siècle, Xavier Vigna, collection Pour l’histoire, Perrrin, 2012.

(3) L’historien Nicolas Hatzfeld cite les cas des ouvriers de Peugeot, Pierre Beylot et Henri Blanchet, tués par les forces de l’ordre en juin 1968, et du lycéen Gilles Tantin noyé dans la Seine (in « Les morts de Flins et Sochaux, de la grêve à la violence politique », dans « 68, une histoire collective », La Découverte). Signalons que la systématisation de l’emploi du gaz lacrymogène et du canon à eau date de 68.

(4) 68, une histoire collective, 1962-1981, sous la direction de Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel, La Découverte, 2008.

(5) Témoignages extraits de « Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu », ouvrage coordonné par Christelle Dormoy-Rajramanan, Boris Gobille, et Erik Neveu, aux Editions de l’Atelier en partenariat avec Mediapart qui publie en accès libre certains témoignages.

(6) « 1968. De grands soirs en petits matins », Ludivine Bantigny, Seuil, 2018.

(7) Voir l’article de Ludivine Bantigny, « 1968, un spectre hante la planète », in Histoire mondiale de la France, ouvrage coordonné par Patrick Boucheron, Le Seuil, 2017.

(8) Pour avoir un aperçu édifiant des mouvements gauchistes révolutionnaires, et notamment maoïstes, des années 60 et 70, lire le récit d’Olivier Rolin, Tigre en papier, Seuil, 2003. Extrait : « Vous étiez exigeants et terriblement ignorants – il n’aurait pas fait bon vous le dire. Mais (..) c’est aussi pour ça que vous étiez si téméraires, si passionnément sûrs que le monde, un jour peut-être pas proche mais pas si lointain non plus, serait comme créé de nouveau, délié de toutes les fatalités, des vieux sceaux infâmes de l’inégalité et du mépris, et qu’il n’y fallait, comme du temps des grands ancêtres, que de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ».

(9) Libération, 24 mai 2008

(10) Lors d’un colloque de 2008 organisé par le groupe régional du comité d’histoire d’Ile-de-France, avec la participation du ministère du Travail.

(11) Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu, coordonné par Christelle Dormoy-Rajramanan, Boris Gobille, et Erik Neveu, aux Editions de l’Atelier en partenariat avec Mediapart qui publie en accès libre certains témoignages.

(12) Témoignage rapporté par Sophie Béroud et Florence Johsua dans Changer le monde, changer sa vie, enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France, Actes Sud, 2018.

(13) Simone Veil, Une vie, Stock, 2007. Après avoir condamné la « chienlit » et les violences, Simone Veil écrit aussi ceci : « Même si le retour à l’ordre nous soulagea, nous n’avons pas participé à la grande manifestation gaulliste qui a envahi les Champs-Elysées. Elle avait un arrière-goût de revanche. Ce n’est pas parce que les étudiants étaient allés trop loin qu’il fallait tordre le bâton de l’ordre côté ».

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